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Hache quoi ?

Derrière ce vocable haché, se cache souvent une multitude de situations …pas toujours évidentes à aborder.

Hier, pour désigner les enfants précoces on parlait de surdoués, de super intelligents ou péjorativement d’intellos.

Aujourd’hui, on les appelle enfants à haut potentiel. Ou plus communément « HP » pour identifier ceux qui se caractérisent par la grande précocité de leur développement intellectuel. La dénomination HP est relativement récente, officiellement retenue en Belgique à partir de 2003, on parle aussi de « surdoué » ou « d’intellectuellement précoce » voire encore de « douance » sous d’autres latitudes.

Les enfants HP représentent à peu près 2,5% de la population en moyenne pour peu qu’ils atteignent un quotient intellectuel (Q.I) supérieur à 130. L’enfant HP possède à sa naissance un supplément de bagage cognitif, affectif et sensoriel par rapport aux autres.

L’intelligence étant un concept pouvant prendre plusieurs formes selon les experts, on s’accorde néanmoins sur les termes ‘haut potentiel’ pour désigner un enfant qui manifeste la capacité de réaliser, dans un certain nombre d’activités, des performances que ne parviennent pas à accomplir la plupart des enfants du même âge.

Le fait d’être doué concerne d’autres domaines que la sphère purement intellectuelle. L’intelligence s’exprime également à travers l’activité physique (le sport), la créativité (l’art) ou la personnalité (les émotions).

Reconnaître un enfant HP

Le mode de fonctionnement d’un HP est très différent d’un enfant ordinaire. La pensée en arborescence est typique de ce type d’enfant, capable de penser à plusieurs choses en même temps. Son fonctionnement cognitif va encore au-delà, victime d’un perfectionnisme frustrant, il voudrait toujours plus, mieux, plus loin. Doté d’un sens de la justice acéré, d’une empathie naturelle que certains jugeront comme envahissante et d’une hypersensibilité pouvant être vécue avec difficulté par la personne elle-même, ou perçue comme « exagérée », voire « extrême, » par l’entourage.

L’enfant HP vit souvent une situation exacerbée, toujours excessive, d’un côté comme de l’autre, rarement modérée. Les surdoués des chiffres sont agaçants, jugés égocentriques, croyant savoir tout faire sans besoin d’apprendre. Une banale remarque ne blessera personne mais touchera profondément ceux dont la sensibilité est extrême, jugés alors susceptibles ou immatures…

La difficulté de diagnostic réside dans le fait que toutes les caractéristiques ne sont pas toujours présentes.

En primaire, un enfant HP rencontre peu de difficultés. Généralement, il n’a pas besoin de travailler (ou très peu) pour réussir.

En secondaire, les caractéristiques de l’adolescent HP (intensité du ressenti, pensée arborescente, sentiment d’être différent, …) peuvent compliquer les relations avec les professeurs et les autres élèves quand ce ne sont pas les angoisses, l’ennui, la peur d’échouer ou les exigences élevées par rapport à lui-même.

L’image que l’on se fait du surdoué à lunettes qui réussit ses études haut la main ne correspondrait finalement qu’à 1/3 des HP. Ce sont généralement ceux qui sollicitent davantage leur hémisphère gauche, axé sur le langage, le raisonnement et l’analyse ; alors que l’hémisphère droit, que 2/3 des HP sollicitent en premier, est associé aux émotions, à l’intuition et à la créativité.

A l’origine ?

Le débat existe depuis plusieurs années déjà et s’éternise en vieille querelle de spécialistes : l’intelligence d’un individu dépend-elle, dans une large mesure, de son patrimoine héréditaire ou du milieu dans lequel il vit, reçoit son éducation et travaille ?

Ceux qui penchent pour l’hérédité étayent généralement leur thèse sur les études menées sur la relation entre le Q.I des parents et celui des enfants. L’autre camp, celui qui compte dans ses rangs les partisans de la dépendance du Q.I au milieu, met en avant les différences notables existants entre des enfants placés dans des familles à capital intellectuel élevé et ceux placés dans des familles moins sagaces.

Si l’on tient compte des profondes implications morales et politiques des deux positions, on comprend la nécessité de se placer au-dessus de la polémique le plus souvent stérile.

Il existe indubitablement une composante génétique dans l’intelligence : tout être vivant et chacune de ses fonctions sont reliés à des organismes et des mécanismes qui l’ont précédé au cours du processus évolutif. En outre, si chaque individu a des caractéristiques spécifiques dues aux particularités de son code génétique, on ne comprend donc pas pourquoi ces particularités ne devraient pas se refléter dans les traits intellectuels et les comportements.

Il faut cependant remarquer qu’il est très difficile, chez l’homme, de faire la part de l’inné et de l’acquis, car les différences génétiques se mêlent rapidement au milieu. Reste qu’il semble difficile de croire que seul le milieu a fait de Mozart un génie précoce. Remarquons également que dans une même fratrie élevée au sein d’une même famille il existe des différences parfois fondamentales de tempérament, de talents, de prédispositions et …d’intelligence.

Il est également indubitable que le milieu peut influer de façon très importante sur le développement de l’individu : les « enfants-loups » (êtres humains ayant grandi dès la plus tendre enfance à l’état sauvage) ont nécessité des efforts d’éducation qui n’ont donné que de maigres résultats ; le manque de contexte culturel humain durant la prime enfance avait compromis toute possibilité de développer, malgré les soins des éducateurs, un langage articulé acceptable. Il s’agit, naturellement, de cas limites, mais de nombreuses recherches ont mis en lumière la façon dont les carences initiales, dues au manque de stimuli du milieu, sont très difficiles à surmonter.

Si la précocité d’un enfant peut se diagnostiquer à l’aide de tests, certains signes précurseurs peuvent permettre d’amorcer une première approche, cependant seul un bilan de détection entrepris par un psychiatre ou un neuropsychiatre permet de mieux comprendre …et de déculpabiliser les parents souvent impuissants face à pareille situation.

Quelque part entre 50 et 150…

Inventé en 1905 par Alfred Binet, un psychologue français, le premier test d’évaluation avait pour but de repérer les élèves scolairement en retard. Sur la base d’un questionnaire permettant d’évaluer ce que les enfants étaient censés répondre à chaque âge, le scientifique a déterminé l’idée d’un âge mental, construit sur une comparaison entre les réponses d’un individu et celles des autres membres du groupe.

Par la suite, les tests se sont affinés couvrant plus de compétences permettant de situer un individu par rapport à une intelligence “normale”. Le Q.I moyen étant placé à 100, les individus présentant des scores situés au-delà sont considérés comme plus intelligents que la moyenne, néanmoins les tests de Q.I ne sont que des tests d’indice de fonctionnement intellectuel et non une mesure de l’intelligence.

De nos jours, la notion de Q.I est largement utilisée et on obtient un nombre de points en répondant à des séries de questions, qui constituent des réactifs au niveau intellectuel. Le Q.I est un nombre qui fournit une information synthétique et immédiate. C’est ce qui explique son succès auprès du grand public, mais rend nécessaire une certaine prudence dans l’évaluation. Résumer l’intelligence en un rapport numérique peut être, dans de nombreux cas, amoindrissant.

Attribuer au Q.I plus de valeur qu’il n’en a, voilà une source de polémique. Sauf si l’on considère le quotient intellectuel comme un synonyme d’intelligence, en limitant cette dernière à l’habilité à résoudre des problèmes auxquels elle est confrontée.

Il arrive souvent que le Q.I soit considéré, surtout par les profanes, comme une sorte de mesure entièrement généralisable des capacités humaines ; ce qui ne peut qu’entraîner une vision faussée de ce phénomène complexe et admirable qu’est la personnalité, avec pour conséquence des sentiments non fondés.

Généralement, il est rare que les résultats soient excellents ou désastreux ; c’est plutôt d’ordinaire, autour des valeurs moyennes que se regroupent les différents éléments d’une population.

Celui qui possède un Q.I élevé est particulièrement apte à passer des tests, mais il n’est pas dit qu’il soit plus doué que d’autres ayant atteint un résultat moins élevé. De nombreuses personnes excellent dans diverses activités, sans avoir pour autant un niveau intellectuel particulièrement élevé, et cela grâce à leur créativité, leur équilibre, leur ténacité.

La notion de quotient intellectuel a fait et continue à faire couler beaucoup d’encre mais que l’on soit pour ou contre, …on aime toujours savoir où on se situe !

Doué …sauf à l’école

L’enfant HP a du mal à rentrer dans la norme, les structures trop rigides le fâchent. Si les règles n’ont pas de sens pour lui, il les discutera !

Très fort pour argumenter, il sera catalogué indiscipliné, lui qui veut surtout lutter contre l’ennui, être reconnu ou juste avoir le sentiment d’exister.

Le HP s’ennuie en classe, il a tendance à s’isoler et développe le sentiment d’être en décalage, de ne pas être compris. Identifié comme un rêveur, un lunaire, un agité, un rebelle ou …un cancre, il est de ceux pour qui l’école est absurde, pénible, interminable, déconnectée. De ceux qui ne correspondent pas aux attentes du système et souffrent à longueur de journée. Il mordille son stylo, regarde par la fenêtre, se balance.

On dira alors qu’il manque d’organisation, qu’il est rêveur et bien-sûr qu’il n’exploite pas ses capacités… les résultats scolaires sont souvent à l’opposé des attentes. 1/3 des HP sont en échec scolaire…

L’intervention d’un coach pour lutter contre l’ennui, donner du sens, maintenir la motivation, renforcer les acquis scolaires, apprendre une méthode ou relever des défis s’avère généralement salvatrice, spécialement quand celui-ci/celle-là a été lui-même/elle-même enfant à haut potentiel.

Les parents mis à rude épreuve

« Je déteste mon enfance », avait-il coutume de dire. Quelle part ont eu ses mauvaises notes dans cette détestation ? Affublé d’une répétitrice, nul en chant, en gymnastique, en physique, médiocre en mathématiques, il obtient avec peine le certificat d’études et est refusé aux portes du lycée Condorcet. Alors il jette tout, renonce au baccalauréat et choisit sa voie royale, celle de la vie et de ses pièges. Il a été cancre ? Tant pis : il sera trafiquant, écrivain, ministre, génie. André Malrauxétait né.

Combien sont-ils à avoir marqué leur époque et à avoir pourtant, enfant, peiné comme des malheureux face aux contraintes de l’école ? Honoré de Balzac est expulsé du collège à 14 ans, Jean Cocteau rate quatre fois le bac, le père de Winston Churchill lui écrit que « ses résultats scolaires sont une insulte à l’intelligence », François Truffaut court les rues et rate l’examen d’entrée en sixième, John Lennon échoue à son A-level et, dit un de ses bulletins, « passe son temps à inventer des remarques spirituelles »Gustave Flaubert est turbulent et mauvais élève, Albert Einstein est lent et peine à apprendre par coeur…

Jusqu’à Charlemagne, qui, avant d’inventer l’école, ne réussit à y maîtriser à peu près que « le francisque des Ripuaires » (ndr : le langage des peuples rhénans), et à Louis XIV, qui fait s’arracher les cheveux à son précepteur, le digne abbé Hardouin de Péréfixe, qu’il baptisait « Préfixe ».

Aujourd’hui aussi, beaucoup d’écrivains, de journalistes, d’acteurs, d’entrepreneurs ont ainsi rejeté une école qui le leur rendait bien. Il est devenu de bon ton de mettre en avant ces premières défaillances qui, par contraste, font d’autant mieux briller le lustre actuel.

Par conséquent, un des choix les plus difficiles auxquels les parents sont confrontés est le choix d’une « bonne école », une école capable de prendre en charge la réalité complexe d’un enfant HP. En fonction de plusieurs critères comme le domicile ou la disponibilité des places, les parents n’ont parfois pas d’autres choix que d’opter pour l’établissement qui est attribué à leur enfant. L’essentiel est donc de rester à l’écoute de l’enfant et attentif à ce qu’il vit au quotidien.

Le succès

Pour un individu HP, l’enjeu principal reste d’exprimer son identité profonde, de se réaliser à travers ses actes et ses paroles, même s’il doit prendre des risques ou être mal jugé pour ça.

Constamment connecté à ses valeurs, l’individu HP est conscient que rien n’est plus important que l’intégrité et la liberté de faire ce qui doit être fait.

Face à une société qui prône l’inaction et le conformisme, l’individu HP devra nager à contre-courant du conditionnement social. Une tâche difficile en soi mais qui apporte son lot de bénéfices : tous les challenges difficiles deviennent des opportunités d’exprimer son vrai talent, sans même y penser un HP est capable de dégager un charisme qui donnera aux autres inconsciemment l’envie de se laisser influencer par ses idées.

Du reste, qui peut dire si un enfant réussira dans sa vie, professionnelle ou privée, dès lors qu’il obtient des résultats satisfaisants à des tests de niveau intellectuel ?

Le succès dépend de beaucoup d’éléments, parmi lesquels on ne doit pas surévaluer le quotient intellectuel.

La créativité est peut-être la qualité humaine la plus appréciée –on pardonne tout à l’artiste pourvu qu’il soit capable de « produire du nouveau ». Chacun attribue une grande importance à son originalité. En classe, on respecte l’élève qui néglige certaines disciplines (et en subit les conséquences négatives), pour cultiver à fond les disciplines qu’il aime le plus.

La créativité entre dans la sphère de la liberté et de l’intelligence ; on peut la définir comme la capacité de voir de nouveaux rapports, de produire des idées et des intuitions inhabituelles, et de s’éloigner des schémas de pensée traditionnels.

Une étude menée par American men of Science montre que les personnes les plus en vue aux USA n’ont que de faibles différences entre leur QI et ceux du citoyen américain moyen non touché par le succès. En outre, il est notoire que dans la réussite professionnelle jouent un nombre très important de facteurs, parmi lesquels citons l’équilibre, le contrôle de soi, le désir de s’affirmer ou la capacité d’instaurer de bons rapports avec autrui.

Au-delà des facultés primaires, les composantes intellectuelles sont bien loin de constituer une sorte de synthèse, ou de bilan, des caractéristiques et des potentialités humaines ; la persévérance, la tolérance à l’ambiguïté, l’individualisme, la prise de risque, ou l’ouverture aux nouvelles expériences sont autant d’éléments de la personnalité d’un individu qui influencent grandement son action et son raisonnement lui permettant ainsi de se réaliser et de devenir la personne qu’il souhaite être.

Auteur : MJK

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